Chapitre 5 – Une étoile dans la nuit

Chapite 5 – Une étoile dans la nuit
J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Éternel ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t'attacher à lui : car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours.
La Bible : Deutéronome 30:19-20
Lorsqu’André reprit conscience, Il ressentait dans tout son corps la douleur des courbatures que l’on éprouve après un effort physique intense. Son esprit embrumé ne lui laissait percevoir les choses qui l’entouraient que partiellement. Chaque mouvement nécessitait un effort qui lui paraissait surhumain.
Il se trouvait allongé sur une couchette dans ce qui ressemblait à l’intérieur d’une roulotte. L’air embaumait ce parfum suave qui lui rappela Henriette. Il entendait dehors le bruit d’une cascade.
A son chevet se trouvait une très belle jeune femme, qui parlait doucement, comme si elle marmonnait une prière. Sa voix était agréable avec une tessiture qui rappelait le grelot d’une clochette. Elle portait de longs cheveux d’un noir profond qui lui tombaient dans le dos. Toute son allure témoignait de la sollicitude maternelle qu’elle manifestait pour lui. Au fur et à mesure que ses sens retrouvaient leur acuité habituelle, il reconnut Marie, l’épouse de Franc, le médecin de Geneticalis.
La mémoire lui revint tout à coup. Il revécut mentalement la poursuite et son arrivée, épuisé devant ce qui semblait être une porte lumineuse. En voyant Marie, il craignit un moment que ses poursuivants aient vaincu leur terreur et l’aient retrouvé. Pourtant, il était évident qu’il ne se trouvait pas dans les locaux de la firme.
— Où suis-je, demanda-t-il ?
— En sécurité, répondit la voix douce de Marie. Tu n’as plus rien à craindre.
André essaya de se lever. Mais Marie le retint.
— Reste tranquille. Il faut que tu te reposes. Tu as soumis ton organisme à un effort auquel il n’est pas habitué. Bois ça ! Ça va te remettre. Après tu pourras te lever.
Elle lui avait donné à boire un bol rempli d’une tisane brunâtre.
— François ! Appela-t-elle. Il a repris conscience.
Franc, le médecin du travail de Geneticalis arriva auprès d’eux.
— François ? s’écria André, sur un ton interrogatif.
— Oui ! François, répondit celui-ci.
— Ah ! Je comprends maintenant. Vous êtes le fils du père Cyprien, ajouta-t-il dans une lueur d’intuition. Et vous, vous êtes Marie-Magdelène,
— Oui ! Acquiescèrent-ils.
— Alors, je suis mort ?
— Non ! Tu es bien vivant !
— Mais comment est-ce possible ? Vous devriez avoir l’âge de mes parents.
— Ce que nous mangeons et les conditions dans lesquelles nous vivons ont un impact déterminant sur notre santé et notre longévité.
André se sentait mieux maintenant. La quiétude qui régnait là où il était et la bienveillance affectueuse de ses hôtes avait fait disparaitre toutes ses angoisses.
— Comment te sens-tu ? demanda Marie-Magdelène.
— Ça va ! J’aimerai me lever maintenant.
Ayant eu l’approbation des deux médecins, il quitta la couchette sur laquelle il reposait et sortit dehors.
Il se trouvait dans une combe dont la topographie était semblable à celle de Fenlithe, mise à part la cascade dont le bruit harmonieux envahissait le vallon. Une douce lumière, comme celle d’une chaude soirée d’été, éclairait le paysage. Des massifs de roses ornaient le pourtour du bassin en bas de la chute d’eau. André reconnut la couleur rouge veinée de mauve des fleurs que Marie avait déposées dans la caverne.
Lorsqu’il se retourna, il vit Marie-Magdelène et François sur le seuil de leur habitation qui lui souriaient en se tenant la main. Elle ressemblait à une roulote de romanichel, mais en plus vaste.
— Où suis-je ? demanda André.
— Chez nous ! Et… chez toi !
— Mais encore ?
— Avant de te révéler la nature réelle de ce lieu, nous allons te demander de faire un choix important.
— Lequel ?
— Celui de renoncer définitivement à ta vie d’avant. Car pour pouvoir vivre ici, il faut être « lavé » de tout ce qui pourrait souiller notre monde.
— Et pourquoi devrais-je vivre ici ? En quoi ce monde ci est-il meilleur ?
— Ici, tu pourras trouver tout ce à quoi tu aspires au plus profond de toi, ce qu’on appelle sur Terre, le « bonheur ».
— J’ai lu une fois que le « bonheur » c’est aimer et être aimer.
— Tout dépend du sens qu’on donne au mot « aimer ». Pour la plupart des hommes, ce mot est utilisé pour définir une appétence à quelque chose qu’ils veulent absolument acquérir et posséder, souvent à n’importe quel prix. Chez nous, le bonheur est intimement lié à l’amour, mais non pas un amour qui consiste à prendre ou à accaparer, mais au contraire, un amour qui consiste à tout donner.
— Je suis maintenant bien placé pour savoir qu'un tel bonheur n’existe pas. Et je pense que c’est lorsqu’on en prend conscience, que l’on devient vraiment adulte. Tout le monde se situe dans la préemption. Si ce que vous dites était vrai, cela se saurait.
— Mais cela se sait. Ce message est annoncé depuis plus de 2000 ans sur Terre. Et même chez ceux qui se prétendent athées, il y a cette lueur d’espérance.
« As-tu déjà regardé cette émission de télévision, où un animateur arrive à mobiliser toutes une population et même des entreprises, dont le but premier est pourtant le profit, pour bâtir ou restaurer les habitations de personnes en difficulté. L’émotion au moment où, les tâches terminées, les gens viennent prendre possession de leur bien est palpable chez tous les participants. Si tu leur demandais à chacun, si dans le moment présent ils sont heureux, tous te répondraient par l’affirmative. Et c’est le simple résultat d’un acte gratuit et généreux de la part de chacun d’eux, et de l’avoir accompli ensemble. »
« Tu pourras nous objecter que la motivation de la chaîne de télévision qui produit l’émission et de l’animateur, c’est de faire du profit en exploitant la sensibilité des téléspectateurs. Malgré tout, cette émission a au moins l’avantage de révéler là où se trouve la vraie source du bonheur ».
— Mais dans un monde dominé par l’argent, c’est impossible. Quel est le prix réel à payer pour obtenir le bonheur dont vous parlez ?
— Ici, le concept de prix n’a pas de sens, car tout est don. L’argent n’existe pas.
— J’ai essayé de vivre ce genre de chose. Quand je vois où ça m’a amené…
— Ça t’a amené ici. Et il te faut maintenant faire un choix.
— Mais, parce que je suis déjà ici, vous avez déjà choisi pour moi. Et mon libre arbitre ?
— Comme la dernière fois, tu es encore libre de choisir.
— Comment ça, comme la dernière fois ?
— Chaque homme est soumis à maintes reprises à ce choix qui peut transformer toute sa vie.
— Je n'en ai pas le moindre souvenir.
— C'est normal, nous les avons effacés justement pour préserver ta liberté.
— Mais quand est-ce arrivé ?
— Par exemple, ce soir d'orage, quand vous étiez adolescents, le portail de Fenlithe avait été ouvert pour vous. Joseph refusait d'entrer, mais Michel, Pascale et toi l'avez entraîné pour traverser.
— Si ce que vous offrez est si merveilleux, pourquoi ne sommes-nous pas restés ?
— Parce qu’à l’époque, vous étiez séduits par tous les projets et toutes les ambitions que vous permettait votre jeunesse.
— Et il y a eu d’autres fois ?
— Pour Henriette et toi, lors du pique-nique à la cascade du Nideck.
— En fait nous sommes descendus jusqu’au bout ?
— Oui !
— Et, cette fois-là, qu’est-ce qui m’a fait reculer ?
— Tu venais de rentrer à Geneticalis. Tout semblait te sourire. Tu avais un emploi bien rémunéré et tout ce que tu pouvais souhaiter, excepté l’amour de Joanna, mais sur lequel tu misais toute ton espérance.
— Et Henriette ? Elle est remontée avec moi.
— Elle, serait bien restée. Mais par amour pour toi, elle a préféré te suivre. Jusqu’à ce qu’elle soit désespérée.
— Et il y a eu d’autres fois ?
— La dernière c’était dans les Alpes, sur le lieu de l’accident de Pascale et Michel. Nous t’y avons amené parce que nous te voyions malheureux.
— C’est de là que venaient les roses que Marie portaient dans ses bras.
— Oui !
— Et cette fois-là, pourquoi ai-je renoncé ?
— A cause de ta passion pour Joanna. En fait beaucoup de choses terrestres retiennent les humains de faire le bon choix. C’est dommage qu’ils attendent toujours une situation désespérée.
— J'ai l'impression que vous influencez la décision de gens en les conduisant au désespoir.
— Nous ne conduisons personne au désespoir. Nous ne faisons que les aider à prendre conscience de leur désespoir qu’ils cherchent à masquer en construisant des parcelles d’espérance, sur la promotion qu’ils vont avoir, la grande maison ou la belle voiture qu’ils vont acquérir, la jolie femme qu’ils vont mettre dans leur lit, et pire que tout, l’argent qu’ils vont amasser pour obtenir tout le reste. Mais toujours, nous respectons le choix de nos invités.
— Le désespoir est un concept très relatif. Je me demande si c’est une bonne chose que d’en prendre conscience à ce point.
— Tu me fais penser à un film :
« Un journaliste, perdu dans le désert, est confronté, un soir, à des extraterrestres, qui sont en train de détruire l’humanité, pour prendre possession de la terre. De retour dans le monde civilisé, il cherche à mobiliser les autorités et s’aperçoit que beaucoup d’individu qui semblent humains sont en fait des envahisseurs déguisés. »
« Il tente alors de rallier les humains, mais ceux-ci lui font comprendre que si il dit vrai, la situation est tellement catastrophique qu’ils préfèrent ne pas savoir. Même si leur vie est en jeu. »
— Mais dans mon cas, maintenant, je n’ai pas vraiment le choix. Si je refuse, je vais mourir ?
— Non ! Lorsque tes poursuivants ont retrouvé ce qu'ils croient être ton corps, ton cœur y battait encore. Si tu refuses encore, tu te réveilleras dans un hôpital.
— Que va-t-il m’arriver. Je ne pourrai plus travailler à Geneticalis, ni dans aucune autre entreprise, d’ailleurs. Je vais vivre comme un clochard ?
— Même pas ! Comme personne n'a pu retrouver les éprouvettes, ils vont te laisser en vie. Mais tu vas vouloir assouvir ta vengeance. Tu vas entamer une longue procédure pour faire condamner ceux qui t’ont fait du mal. Et cela va prendre une bonne partie de ta vie.
— Et je réussirai ?
— Ça dépend du sens que tu donnes à réussir.
— Joanna, lors de mon entretien de recrutement m’avait posé la question sur ce que voulait dire pour moi « réussir sa vie ».
— Et qu’as-tu répondu ?
— A l’époque j’étais plein d’illusion. J’avais devant moi la plus belle femme que j’aie jamais vue. Le travail de recherche que j’avais entrepris me passionnait. Je ne me souviens plus exactement de ma réponse, mais elle allait dans ce sens : épouser Joanna et continuer à faire de la recherche.
— Mais aujourd’hui, quelle serait ta réponses.
— Franchement, je ne sais pas. En ce moment je n’ai qu’une envie : faire plonger Geneticalis et tous les pourris qui y travaillent. Est-ce que j’ai une chance de réussir ?
— Si tu refuses de nous suivre, après une longue procédure tu réussiras à faire condamner la firme Geneticalis.
« Grâce à ce que tu auras dévoilé aux médias, tu acquerras une certaine notoriété, et tu poursuivras une brillante carrière au sein d’organismes de contrôle. »
« Joanna sera séduite par ton action et ta détermination. Et vraisemblablement pour ne pas être elle-même poursuivie, elle te suivra dans ta démarche. Elle finira probablement par accepter de t’épouser. Mais tu n’arriveras jamais à lui accorder pleinement ta confiance et ce sera comme un poison entre vous. »
« Tu n'empêcheras pas non plus les concurrents de Geneticalis de commettre les mêmes malversations. Des semences similaires seront mises sur le marché par d’autres multinationales, pour faire un maximum de profits. De toute façon, si rien ne change dans le fonctionnement économique et politique des nations, l'humanité terrestre est condamnée à la famine et à la maladie. »
— En restant, Je pourrai leur apporter de l'aide pour survivre.
— Surement ! Du moins dans un premier temps. Car on t'obligera constamment à des compromis qui vont éroder ton éthique et tes valeurs. Tu vivras en permanence dans l’amertume et le regret. Es-tu sûr, au fond de toi, que ce soit là, la vie que tu as envie de mener ?
— Et les parents d'Henriette, qui va en prendre soin ?
— Ils ne manqueront de rien. Ils pensent à elle comme à une sainte. Leurs besoins sont pourvus par ce qu’ils perçoivent comme une succession de petits miracles. Leur fille y veille.
— Ca veut dire qu'Henriette est ici ? vivante ?
Un océan d’espoir et de tendresse envahit le cœur d’André. Mais quelque chose le gênait encore.
— Si c'est le cas, ce qui leur est arrivé est particulièrement immérité. Ces sont des justes, des gens bienveillants. Pourquoi ne sont-ils pas ici avec leur fille ?
— Parce qu'eux ont choisi de rester.
— Alors, pourquoi les priver de leur fille ? Elle représente tout pour eux.
— Ils ne sont pas privés, du moins au sens où tu l'entends. Même si le souvenir de leur passage ici est effacé, ils ont l'intuition, au plus profond de leur cœur, que leur fille est vivante, et qu'elle vit auprès d’eux.
— Ainsi eux aussi ont vécu cette situation.
— Comme tous les humains. C’est un cadeau, un don gratuit offert à chaque homme.
— Alors c'est maintenant ou jamais ?
— Non ! C'est maintenant ou toujours. Le choix sera juste à chaque fois plus difficile, car tu auras toujours plus de choses qui te retiendrons et que tu auras du mal à abandonner.
— Si je décide de rester, est-ce que je pourrais voir Henriette ? Est-elle vivante ?
— Nous ne pouvons pas répondre à cette question. Cela dépend d’elle et d’elle seule. Mais dans tous les cas, la décision doit être prise par toi, sans condition.
— Et Pascale et Michel ? Pourrais-je les voir ?
Marie-Magdelène et François se regardèrent quelques instants avant de répondre.
— Oui ! Acquiesça François. Je crois que nous pouvons t’accorder cette faveur. Tu n’as qu’à nous suivre. J’espère que tu es en forme maintenant, car il va nous falloir marcher quelques temps.
— Voilà Philippe ! S’écria Marie-Magdelène, d’une voix radieuse.
Un beau jeune homme aux cheveux noirs, sortit à peine de l’adolescence, venait d’arriver à cheval sur un magnifique étalon blanc. Il avait monté à cru, sans selle, comme un indien. En arrivant, il sauta de sa monture et se précipita dans les bras de sa mère.
— C’est notre fils, expliqua François. Cela va simplifier les choses. Sais-tu monter ?
— Pas vraiment, répondit André. Moi et les chevaux...
— Je vois ! C’est comme pour le ski ! Sourit Marie-Magdelène. Philippe, peux-tu nous préparer des chevaux pour aller chez Michel et Pascale ?
— Mais pourquoi ne pas emprunter le... Commença le garçon.
— Parce qu’André n’est pas encore prêt, interrompit sa mère. Michel et Pascale sont ses amis d’enfance.
— Je vois.
Le garçon sortit puis revint au bout de quelques minutes suivi par trois alezans.
— Comme son prénom l’indique, Philippe aime beaucoup les chevaux. Et ceux-ci lui obéissent à la voix.
— C’est sans doute les conséquences de mon ascendance gitane, plaisanta le jeune homme, en envoyant un baiser de sa main à sa mère.
S’adressant à André, il lui présenta l’une des montures.
— Vous ne savez pas monter ? Prenez cette jument. Elle saura vous maintenir sur son dos. Mais il va vous falloir lui faire confiance.
— Mais justement ! André a un problème de confiance ! s’exclama François en adressant un clin d’œil à celui-ci.
Philippe murmura quelques mots à l’oreille de la jument et celle-ci se laissa escalader par André sans broncher. Ils se mirent en route.
En quittant la combe, ils se trouvèrent dans une prairie dans laquelle paissaient des chevaux en liberté. Mais au bout de deux kilomètres, le paysage changea et les champs dans lesquels poussaient des céréales des toutes sortes attestait qu’une exploitation ne devait pas se trouver très loin.
Effectivement, derrière un rideau d’arbre apparut une ferme imposante de style anglo-normand. Au bruit de la cavalcade, les habitants en sortirent.
C’était un jeune couple. Bien que ceux-ci aient grandi, André reconnut ses amis. Comme il l’avait remarqué pour François et Marie-Magdelène, tous leurs gestes et leur attitude attestaient l’amour qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre.
La jument qu’il montait s’arrêta devant la maison et le laissa descendre, malgré sa maladresse, avant de rejoindre les autres montures dans l’enclos dans lequel Philippe les avaient entrainées.
— Bonjour, mon vieux. Tu ne peux pas savoir combien je suis heureux de te voir ici.
— Je vous croyais morts, reprocha André en les embrassant. C’est incompréhensible.
A sa réaction, Pascale et Michel échangèrent un regard avec François et Marie-Magdelène.
— Ah ! Tu n’es toujours pas décidé à rester, remarqua Michel.
— Je ne sais pas. Si je reste, je vais me retrouver tout seul.
— Mais non, riposta Pascale, il y a H...
François l’interrompit d’un geste.
— Il faut qu’il prenne sa décision tout seul, dit-il.
— Nous avons besoin de toi ici, dit Michel. Il y a un grand travail de collationnement des espèces végétales comestibles à sauvegarder.
— Mais où sommes-nous ?
— Dans une espèce d’arche de Noé. Devant l’irresponsabilité écologique des dirigeants de la Terre, nous avons implanté ici une espèce de musée conservatoire des plantes que nous tentons de cultiver et des animaux que nous élevons, pour les préserver.
— Mais qui finance ce travail ?
— Personne !
— Alors pourquoi le faites-vous ? Pour quelle raison devrais-je le faire moi-même.
— C’est justement l’objet du choix que nous te demandons aujourd’hui, expliqua François. Tu dois décider de ton plein gré d’effectuer ce travail gratuitement, sans rémunération.
— Juste comme un acte d’amour envers toi-même d’abord, envers nous, tes amis, ensuite, et pour finir, envers le reste de l’humanité qui a besoin de ce travail pour survivre et espérer accéder au bonheur, ajouta Marie-Magdelène.
— La vie risque d’être fade ici, sans rien à espérer, à désirer.
— Au contraire, mais tes désirs et tes exigences seront tournés vers le bien, comme réussir à trouver des solutions aux problèmes que tu ne manqueras pas de rencontrer, ne serait-ce que pour éviter aux habitants de la Terre de provoquer des catastrophes irréparables.
— Aux habitants de la Terre ? S’étonna André. Où sommes-nous ?
— Avant de répondre à cette question, que décides-tu ?
— Depuis mon arrivée ici, je crois que j’ai déjà choisi. J’ai envie de rester avec vous. C’est un bonheur de vous avoir retrouvé tous ici.
— Enfin ! S’écrièrent-ils tous à la fois. Tu as fait le bon choix.
Et André vit la joie rayonner sur leur visage.
— Maintenant, dites-moi où je suis. Il faut que je sache.
— Nous nous trouvons ici sur un satellite artificiel, une étoile d’espoir dans la nuit de l’humanité, répondit François.
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